Odyssée de Mada suite et fin

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Cette rencontre opportune avec l’Ancien poussa Mada à creuser plus profondément au cœur de sa mémoire atavique. Il construisit donc un radeau, en invoquant Poséidon pour l’indulgence des eaux, pour ensuite se diriger vers la côte africaine. Son périple de quelques jours le mena à l’embouchure du Nil, qu’il emprunta avec tout le respect que cela impose. À la vue des Grandes Pyramides représentant la ceinture d’Orion sur le plan terrestre, Mada, ému, sauta du traversier de fortune. Quelle splendeur se dit-il en lui-même! Comment les hommes ont-ils pu reproduire lescieux ici-même, de manière si sublime? D’où venait cette ambition, cette force, cette puissance? En restait-il encore aujourd’hui sur Terre? Est-ce que les contemporains pourront, un jour, créer de nouveau sur Terre?

Abasourdi par ses réflexions chaotiques, Mada tomba sur les genoux, et posa le front sur le sol. Il se mit à pleurer abondamment. Il se mit à trembler prestement, secondé par quelques secousses suffocantes. Il entendit alors une voix : Mada, mon ami. Pourquoi pleures-tu ainsi? Ne te laisses pas aller au découragement. Si le Soleil est en ce moment éclipsé par la lune, ce n’est que pour mieux renaître, ne t’en fais pas. Qui... qui êtes-vous? Je suis l’Alchimiste. Ne te laisses pas ronger par les esprits denses. N’acceptes que la volupté des grands airs en ton cœur. Tout ce que tu as vu depuis le début de ton Odyssée n’est que le reflet de toi-même. Le moment est venu de faire le vide. De laisser aller toutes ces parcelles de toi-même, de t’ouvrir aux temps nouveaux et d’éclore d’un envol divin. Mada leva lentement la tête, et aperçut l’Alchimiste. La vue de cette homme fut ressentie comme un choc terrible! L’Alchimiste était... lui-même. Exactement lui-même, mais, au lieu de pleurer, son reflet arborait un fier sourire, aussi innocent que puissant. Mada comprit alors le but de son Odyssée. Chaque entité rencontrée tout au long de son parcours représentait une partie de sa personnalité. L’Ombre n’était autre chose que ses peurs, la Sirène ses désirs, la Druide son espoir, le Mage sa vanité, le SS sa haine, l’Ancien sa sagesse et l’Alchimiste... le surpassement de tous ces traits. C’est ainsi que Mada énonça la dernière maxime de son Odyssée : « L’Initié désireux de transmuter le plomb en or, ne peut le faire autrement qu’en reconnaissant le vide intrinsèque de son Ego. Cela est rendu possible par la mise au rancart et par le surpassement de l’ensemble des attaches identi- ficatrices de sa personnalité mondaine, pour ainsi y ouvrir la voie à la transmutation des métaux en son temple et en la fixation de son idéal en tant que principe d’individuation transcendantal. » Ainsi que parlait Mada, le dernier humain.

FIN

 

 

Merci à David Vachon, et à tous ceux qui ont fait naitre la revue "À la dégrise".

Publié dans Odyssée de Mada

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