Odyssée de Mada 3

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Après 40 jours en haute mer, Mada s’émerveilla à la vue de la côte française. Excité par cette vision de la terre ferme, il se présenta à la berge de Saint-Malo armé d’un sourire rayonnant. Il avait réussi le premier acte. Il avait survécu à lui-même, il devait dorénavant excaver les tares de ses Ancêtres.

Après avoir amarré son navire sur la côte bretonne, Mada, sans perdre une seconde, péné- tra sans préliminaires le continent européen. Il marcha quelques jours vers l’est, pour finalement s’arrêter aux abords de la gigantesque forteresse d’Alesia, à l’ombre d’un grand chêne. Il contem- pla les murailles de la cité, les remparts, les fortifications, et s’imprégna de cette puissance. Il était heureux de se trouver loin du désert historique offert par l’Amérique, et se sentait euphorique, traversé de toute part par les âges en un seul regard.

Tout à ses contemplations, une voix douce mais ferme se fit entendre non loin de lui : Hey petit jeuno, ne reste pas caché sous l’arbre de la vie, deviens celui-ci, deviens celui que tu es, deviens... vivant. Mada aperçut son interlocuteur. C’était un vieil homme, arborant une longue barbe blanche qui lui descendait jusqu’aux genoux. Notre Ulysse moderne venait de rencontrer un vieux Druide cel- tique. Il le savait de noble descendance, car ce dernier portait à son coup un Triskèles, fier symbole des races disparues. Mada, intrigué par les propos du vieil homme, lui adressa aussitôt la parole : Vieux sage, que faites-vous caché sous l’ombre du grand chêne, à l’écart des feux rayonnants de l’astre solaire, ici n’est point votre place. Si tu as les oreilles pour entendre, écoutes bien ce qui suit : « Que serait le Soleil sans personne qui éclairer? » Le simple fait qu’il soit possible à l’Éveiller de discuter au somnolant révèle l’ultime compassion propres aux dieux. Entends bien ceci : « Quelle valeur aurait la plus sublime vérité sans personne pour la considérer? » Pour bien vivre le dernier énoncé, comprends d’abord celui- ci : « Si la monde entier voue un culte à une idée quelconque, cette dernière deviendra inexorable- ment la vérité première de l’humanité. » La puissance d’une croyance n’en démontre pas sa vérité,mais uniquement sa force. La fin du monde! La fin du monde... Qui donc pourra la contempler si tout est fini. Tout comme l’homme ne voit jamais sa propre mort, le monde ne verra jamais la fin. Les païens ont eu raison là-dessus, l’éternité intrinsèque du monde. Les judéo-chrétiens ont ma- lencontreusement transposer leur propre esprit moribond en un idéal à atteindre.

Éblouis par ces propos judicieux, Mada reçu un rayon solaire qui atteignit les profondeurs de ses nerfs. Le Druide versa deux coupes d’hydromel, en offrit une à Mada, et célébra le baptême de la Lumière que venait de vivre notre héros : Santché!

Puis il disparut aussi rapidement qu’il était venu. C’est ainsi que Mada découvrit une nouvelle vérité : « Ce n’est pas à l’ombre des remparts

que le guerrier se fortifie, mais bien par le rayonnement et la générosité de son cœur. » Ainsi parlait Mada, le dernier humain.

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